Dans les bois
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- D’autres,— des innocents ou bien des lymphatiques,—
- Ne trouvent dans les bois que charmes langoureux,
- Souffles frais et parfums tièdes. Ils sont heureux !
- D’autres s’y sentent pris — rêveurs — d’effrois mystiques.
- Ils sont heureux ! Pour moi, nerveux, et qu’un remords
- Épouvantable et vague affole sans relâche,
- Par les forêts je tremble à la façon d’un lâche
- Qui craindrait une embûche ou qui verrait des morts.
- Ces grands rameaux jamais apaisés, comme l’onde,
- D’où tombe un noir silence avec une ombre encor
- Plus noire, tout ce morne et sinistre décor
- Me remplit d’une horreur triviale et profonde.
- Surtout les soirs d’été : la rougeur du couchant
- Se fond dans le gris bleu des brumes qu’elle teinte
- D’incendie et de sang ; et l’angélus qui tinte
- Au lointain semble un cri plaintif se rapprochant.
- Le vent se lève chaud et lourd, un frisson passe
- Et repasse, toujours plus fort, dans l’épaisseur
- Toujours plus sombre des hauts chênes, obsesseur,
- Et s’éparpille, ainsi qu’un miasme, dans l’espace.
- La nuit vient. Le hibou s’envole. C’est l’instant
- Où l’on songe aux récits des aïeules naïves…
- Sous un fourré, là-bas, là-bas, des sources vives
- Font un bruit d’assassins postés se concertant.
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